LA CHASSE AU BÂTON

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Ces dernières années, une nouvelle forme de chasse s’est développée principalement chez
les chasseurs aux chiens courants. Il s’agit de la chasse au bâton ou en d’autres termes la
chasse sans fusil. Elle est en quelque sorte une cousine germaine du « no kill » utilisé
depuis bien longtemps par nos amis pêcheurs.
L’origine de cette chasse remonte aux années 1980. De nombreuses communes ont vu les
populations de lièvre décroître de façon inquiétante. Il fallait réagir en diminuant la pression
de chasse. Plusieurs sociétés de chasse du Comminges aidées par la Fédération des
Chasseurs de Haute-Garonne ont donc décidé d’interdire le tir du lièvre pendant plusieurs
saisons. Des plans de réintroduction ont été entrepris grâce à la formation de GIC.
Durant cette période, les conducteurs de meutes ont obtenu l’autorisation de lâcher leurs
chiens afin de maintenir intacte cette tradition ancestrale de la chasse aux chiens courants.
Seule condition : les fusils devaient rester sur les râteliers. C’est ainsi que naquit la chasse
au bâton.
A partir des années 1988/1989, les concours de meute d’Aulon et Plagne ont débuté pour
déterminer les meilleures meutes de la région. Fernand Saint Blancat, Daniel Dubreuil et
Roger Fauré ont été les instigateurs de ces premiers concours. L’association HARLOUP
créée dés lors continue à perpétuer cette tradition à tel point que ces concours sont devenus
une véritable institution avec pas moins de 127 meutes présentes pour l’édition 2013 (record
national). D’autres associations comme l’AFACCC, Chiens Courants de Bigorre, Gaston
Phébus et tous les clubs de race organisent elles aussi depuis quelques années leur propre
concours.
L’arrêté ministériel du 21 janvier 2005 était venu conforter cette nouvelle forme de chasse en
autorisant l’entraînement des chiens de chasse (courants et arrêts) au-delà de la fermeture
et jusqu’au 31 mars.
La chasse au bâton représente donc une alternative intéressante car elle donne une image
positive du chasseur qui n’est malheureusement pas toujours considéré à sa juste valeur.
Cela donne aussi l’occasion aux chiens de s’exprimer pleinement durant la période hivernale
propice aux belles menées. Il est bien utile de démontrer à cette occasion que notre plaisir
n’est pas lié à la mort d’un animal. Ce qui nous fait vibrer, c’est la musique de nos chiens, la
traque, la quête et la poursuite de notre animal de prédilection.
Il faut néanmoins ne pas oublier que le chasseur a une utilité publique. Il doit réguler les
espèces un peu trop invasives qui occasionnent des dégâts dans les cultures et qui
représentent un véritable danger pour les usagers de la route.
C’est pour cela que la chasse au bâton ne doit pas se substituer à la chasse avec fusil.
Toutes deux sont complémentaires et doivent cohabiter entre tradition et modernité.
Patrice FAURE