Le Sanglier

  |   6695  |  Commentaires (2)  |  Les gibiers

 

Le sanglier est un suidé présentant un dimorphisme sexuel marqué.
Certaines sous espèces dans l’Est de l’Europe possèdent les plus gros représentant de cette famille, avec des individus pouvant atteindre 250 à 300 kg.
En moyenne en France, la longueur du mâle est de 140-165 cm, celle de la femelle de 125-145 cm.
Poids : mâle 100-110 kg , femelle : 70-80 kg, là encore ces chiffres ne sont que des estimations à titre indicatif.
En effet, le poids des individus peu être très variable suivant les disponibilités alimentaires du milieu. Les mâles adultes peuvent parfois dépasser les 150 kg dans les milieux riches.
Jeune, le sanglier revêt une livrée rayée, alternant dans le sens de la longueur de l’animal des bandes claires et d’autres foncées dans les tons beige et marron, dont la fonction sert au camouflage. Il est dénommé marcassin.
Ensuite, à partir du 4-5ème mois, les soies (poils de la couche supérieure) prennent une couleur rousse, d’où son nom alors de bête rousse.
Enfin, vers 8-10 mois, le pelage s’assombrit encore pour donner la couleur sombre des animaux subadultes et adultes. Le sanglier est alors « bête noire ou bête de compagnie ».
La distinction des sexes n’est aisée qu’en période estivale du fait du pelage ras que revêt le sanglier à cette saison. Ainsi il est généralement facile d’identifier la touffe de poil composant le pinceau pénien chez les mâles adultes ainsi que l’excroissance des testicules « ou suites » à la base de la queue. Les laies qui sont en général suitées lors de cette période montrent des allaites largement développées.
Le reste du temps, lorsque le sanglier revêt un pelage abondant, la distinction des sexes n’est guère évidente. Elle ne pourra se faire empiriquement que sur la présence de canines développées typiques d’un mâle adulte ainsi que d’une morphologie plus imposante, une laie adulte ne dépassant que très rarement les 90 kg.
Caractères biologiques
Régime alimentaire
Le sanglier est un omnivore très opportuniste qui a la faculté de s’adapter à une très vaste diversité de sources alimentaires selon leurs disponibilités aux fils des saisons.
La majeure partie de son régime alimentaire, en général pour plus de 95% à 97%, est constitué de matière végétale. Il ingère une multitude de fruits et graines les plus divers mais également bulbes, racines et rhizomes, partie aérienne d’herbacée (tiges de plantes, feuillages de graminées). . La part animale présente dans le régime alimentaire du sanglier représente souvent moins de 5%, et est constituée d’insectes (adulte ou larves), de mollusques, de lombriciens et autres petits animalcules. On peut trouver occasionnellement des restes d’animaux plus gros tels que des reptiles, des batraciens, des oiseaux ou des mammifères.
Il existe une échelle de préférences alimentaires relativement établie. Les fruits forestiers (glands, châtaignes et faines) y figurent en tête, suivis de céréales (principalement maïs et blé).
Activités
Le sanglier montre en général un rythme d’activité cyclique avec une phase de repos pendant la période diurne et une phase d’activité essentiellement à vocation alimentaire durant la nuit.
Le temps passé à l’alimentation et le parcours alimentaire est très variable selon les saisons et les disponibilités alimentaires. Soit l’animal ou la compagnie gagnera directement une zone d’alimentation principale sur laquelle se fera toute la prise alimentaire, soit le repas sera réalisé par des prises successives lors d’arrêts plus ou moins longs durant tout le parcours d’activité.
Ce choix variable se fera en fonction de la distribution spatiale des sources de nourritures et des milieux exploités au fils des saisons.
Lors de sa phase de repos l’animal se couche à même le sol en creusant une légère déclivité appelée bauge. Une bauge peut être occupée par plusieurs animaux d’une même compagnie. Cette bauge peut être aménagée d’éléments végétaux, notamment lorsqu’elle est établie sur des sols très humides ou par grand froid. Ce schéma général est un peu modifié chez les laies suitées qui montrent des phases d’activités aussi bien pendant le jour et la nuit et inversement des phases de repos diurnes et nocturnes.
Pour son occupation spatiale, le sanglier montre une grande sédentarité, ainsi le domaine vital des mâles est généralement plus vaste que celui des femelles et, en France, la littérature fournit des estimations variables en fonctions des types d’habitats fréquentés allant de 500 à 3000 hectares quelque-soit le sexe de l’animal.
Ces valeurs peuvent augmenter sensiblement sous l’effet de la chasse pour atteindre 6000-7000 voire 15 000 hectares. Cette espèce n’est pas considérée comme territoriale (défendant activement son territoire), ainsi de nombreux animaux se partagent un même espace géographique, en particulier ceux génétiquement apparentés. Pour les compagnies issues d’une même lignée, les générations successives se montrent fidèles, au cours du temps, à un même secteur forestier avec des domaines vitaux qui, si ils étaient superposés, se montreraient très largement recouvrant. Lorsqu’il y a concurrence entre compagnie, celle-ci est le plus souvent constatée sur les zones d’alimentation.
L’expérience de télémétrie sur un grand nombre d’individus, montre même qu’à l’échelle d’un massif homogène de 11000 ha, plus de 95% des animaux possèdent un domaine vital (500 ha à 3000 ha) s’inscrivant parfaitement dans les limites de cet habitat.
On peut donc raisonnablement admettre comme d’autres auteurs que la gestion des populations de sanglier peut s’effectuer de manière efficace sur des unités de surface de l’ordre de 30000 hectares, compatible avec les exigences d’un découpage raisonnable, tenant compte des barrières naturelles et artificielles, à l’échelle départementale.
Reproduction et survie
Le sanglier est considéré une espèce polygyne, le mâle dominant lors du rut pouvant s’accoupler à plusieurs femelles. Cependant des résultats récents indiquent que cette espèce peut également adopter un système de reproduction de promiscuité qui s’exprime par de la polygyandrie : un mâle va s’accoupler avec plusieurs laies différentes mais les femelles vont s’accoupler aussi avec plusieurs mâles lors d’une même occasion de reproduction. Ainsi il a été obtenu sur le territoire d’étude expérimental de Chateauvillain-Arc-en-Barrois, qu’en moyenne, le nombre de pères différent identifiés pour une même portée est proche de 3.
La maturité sexuelle chez le mâle est acquise vers 10 mois, lorsque le poids des testicules atteint une cinquantaine de grammes.
Chez la laie la maturité sexuelle est atteinte entre 8 mois et 24 mois. Cette amplitude peut s’expliquer par la variation des facteurs trophiques qui conditionnent la croissance et permettent d’atteindre le poids seuil nécessaire à l’activité reproductrice. Cependant, et bien que ce résultat doive être encore scientifiquement consolidé, il apparaît que l’effet d’une forte pression de chasse puisse modifier, en l’abaissant, la valeur du seuil (poids nécessaire) et permettre ainsi l’entrée en reproduction des jeunes laies de façon plus précoce.
Donc en fonction de la période de naissance, des disponibilités alimentaires, de la période d’anoestrus estival, et éventuellement de facteur sociaux et cynégétique la laie participera à la reproduction plus ou moins tôt dans sa vie.
Par ailleurs, outre la participation à la reproduction est différente chez les laies adultes et sub-adultes, pour un âge donné, la prolificité des laies est aussi dépendante du poids corporel : A titre indicatif, la taille de portée d’une laie adulte en France varie de 5 à 7 marcassins, selon la richesse trophique du milieu.
Il semblerait que la période la plus critique pour la survie du sanglier soit durant ses premiers mois de vie où la mortalité postnatale peut être très variable et pourrait affecter près de 10% à 71% des nouveaux nés.
L’espérance de vie du sanglier en milieu naturel est mal connue et peu renseignée mais elle doit pouvoir dépasser les 10 ans. Cependant dans les milieux à forte pression de chasse, peu d’individus notamment chez les mâles, ne dépassent les 3 années, sauf si des règles de tirs sont décidées en vue de la protection de certaines catégories d’animaux.
L’accroissement annuel d’une population est très variable, selon les années et peut varier de 100% jusqu’à 150%.